La lettre du fondateur - Février 2026
Chères clientes, chers clients,
2026 démarre plutôt bien. Les commandes sont là. Vos retours sont toujours aussi précieux. L’atelier tourne, les équipes sont engagées, et l’énergie est belle. Nous pourrions nous contenter de cela. Dire que tout va bien. Mais ce serait oublier une réalité un peu plus complexe qui se dessine en coulisses.
Depuis plusieurs mois, nous faisons face à une évolution très nette du côté des fournisseurs de matières premières. Et je ne parle pas ici de qualité — elle est toujours au rendez-vous — mais de conditions commerciales.
Le contexte est connu : les salaires augmentent, les charges augmentent, les coûts logistiques explosent. La croissance devient une injonction presque mécanique. Alors les fournisseurs, eux aussi, cherchent à grossir. À vendre plus. Toujours plus. Et cela se traduit par des exigences de plus en plus contraignantes, même pour les clients fidèles.
Un exemple très concret : le parfum.
Jusqu’à présent, nous pouvions acheter notre parfum par lot de 1 kg. C’était cohérent avec nos volumes, avec notre façon de produire, avec notre volonté de ne pas sur-stocker inutilement. Aujourd’hui, le MOQ (minimum de commande) passe à 5 kg.
Cinq kilos.
Pour une jeune marque indépendante qui fabrique elle-même, cela change tout.
Face à cela, deux choix :
• vendre encore plus, encore plus vite, pour absorber ces volumes imposés.
• ou arrêter les produits concernés.
Et si, au fond, nous ne souhaitions pas vendre plus ? Et si notre vision d’un monde meilleur ne passait pas par une croissance infinie ?
Notre décision en interne a été claire : supprimer les parfums. Même s’ils étaient formulés sans allergène majeur, même s’ils plaisaient, même s’ils rassuraient.
Le point positif ?
Nos soins seront encore mieux tolérés par les peaux les plus exigeantes. Et puis, un produit peut sentir bon sans parfum. Sa senteur naturelle peut être belle, subtile, vivante. Nous avons choisi l’authenticité plutôt que la surenchère.
Pour d’autres matières premières, c’est plus complexe. Certaines hausses de MOQ nous obligent à reformuler. D’autres à changer de fournisseur. Parfois à regrouper des achats avec d’autres marques. Mais en réalité… peu de marques fabriquent elles-mêmes. Nous sommes un peu seuls, dans ce paysage de jeunes marques qui conçoivent, formulent et produisent en interne. Beaucoup externalisent. Ce n’est ni mieux ni moins bien. Mais cela change le rapport aux contraintes. Quand on fabrique soi-même, on les vit pleinement.
Alors nous nous adaptons. Nous reformulons. Nous cherchons des alternatives intelligentes. Nous faisons preuve de créativité technique. Mais pour rien au monde nous ne nous plierons à des exigences qui nous pousseraient à produire plus que nécessaire.
La planète n’ira pas mieux parce que nous aurons cédé à la logique du “toujours plus”. Elle ira peut-être un peu mieux si nous acceptons, collectivement, de faire différemment.
Merci de faire partie de cette aventure exigeante et parfois complexe.
À très vite,
Anthony
Fondateur de Biotanie
"Depuis le début de Biotanie, j'agis chaque jour dans le silence. Et même si nos actions font du bruit. J'ai décidé d'écrire régulièrement pour encore plus d'échos."